Contrat
Paiement

Convention de paiement

Accord qui formalise les modalités de règlement des prestations d'un sous-traitant : délais, facturation, retenues et conditions de révision des prix.

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Un contrat de sous-traitance peut être irréprochable sur le plan technique et rester silencieux sur l'essentiel : comment, quand et sous quelles conditions le sous-traitant sera payé. Cette absence de cadre écrit génère des litiges récurrents sur les situations de travaux, les retenues appliquées ou les délais de règlement. La convention de paiement comble ce vide en fixant des règles claires, acceptées par les deux parties avant le démarrage des prestations.

À qui s'adresse ce modèle ?

  • Donneurs d'ordres et entreprises générales qui sous-traitent une partie de leurs marchés
  • Services achats et financiers qui encadrent les flux de paiement avec les sous-traitants
  • Responsables travaux qui valident les situations et déclenchent les règlements
  • Toute entreprise souhaitant sécuriser ses relations financières avec ses prestataires

Ce que couvre ce modèle

  • Identification des parties et nature des prestations concernées
  • Modalités de facturation : fréquence, format des situations, pièces justificatives requises
  • Montant du marché et décomposition du prix
  • Délais de paiement applicables et point de départ du délai
  • Conditions de validation des situations de travaux avant mise en paiement
  • Paiement direct par le maître d'ouvrage si applicable
  • Retenue de garantie : taux, conditions de libération, caution de substitution
  • Pénalités de retard de paiement et taux applicable
  • Modalités de révision des prix selon indice
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Le paiement est le point de friction le plus fréquent dans la relation entre un donneur d'ordres et ses sous-traitants. Délais contestés, situations rejetées sans motif clair, retenues appliquées unilatéralement, révision de prix refusée : ces conflits naissent presque toujours d'une même cause, l'absence de règles écrites acceptées par les deux parties avant le début des travaux. La convention de paiement est le document qui pose ces règles.

Elle ne remplace pas le contrat de sous-traitance, elle le complète. Là où le contrat définit l'objet de la prestation, la convention de paiement organise le flux financier qui en découle. Sur les chantiers complexes ou les marchés de longue durée, ce document devient indispensable pour éviter les blocages.

Les délais de paiement : un cadre légal à respecter

Les délais de paiement entre professionnels sont encadrés par la loi. L'article L441-10 du Code de commerce fixe le délai maximum à 60 jours à compter de la date d'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois. Ces plafonds s'imposent aux parties : une convention de paiement ne peut pas prévoir des délais supérieurs sans exposer le donneur d'ordres à des sanctions.

La convention doit préciser le point de départ du délai : date de réception de la facture, date de validation de la situation, ou date d'émission. Ce choix a des conséquences concrètes sur la trésorerie des deux parties et doit être acté clairement. Consultez notre article sur les délais de paiement entre professionnels pour maîtriser le cadre légal applicable.

Les modalités de facturation : poser des règles claires

Une situation de travaux rejetée faute de pièces justificatives repousse mécaniquement le paiement et dégrade la relation avec le sous-traitant. La convention de paiement doit donc définir :

  • La fréquence des situations : mensuelle, par avancement, par jalon
  • Le format attendu : décomposition par poste, référence au bordereau de prix
  • Les pièces à joindre : attestations de travaux réalisés, bons de livraison, relevés de main-d'oeuvre
  • Le délai de validation par le donneur d'ordres après réception de la situation
  • La procédure en cas de désaccord sur le montant validé

Ces règles protègent les deux parties. Le sous-traitant sait exactement ce qu'il doit produire pour déclencher le paiement. Le donneur d'ordres dispose d'un cadre pour rejeter ou corriger une situation sans que ce rejet soit perçu comme un abus.

La retenue de garantie : encadrer son application

La retenue de garantie est une pratique courante dans la sous-traitance BTP : le donneur d'ordres retient un pourcentage du montant de chaque situation (en général 5 %) pour couvrir d'éventuelles malfaçons constatées après réception. Ce mécanisme est légitime, mais son application sans règle écrite génère des contentieux fréquents sur le taux retenu, les conditions de libération et les délais de restitution.

La convention de paiement doit fixer :

  • Le taux de retenue applicable
  • La possibilité pour le sous-traitant de substituer une caution bancaire à la retenue
  • Les conditions de libération : réception des travaux avec ou sans réserves, levée des réserves
  • Le délai de restitution après réalisation de la condition de libération

Sans ces précisions, la retenue de garantie devient un levier de pression contestable plutôt qu'un outil de sécurisation légitime.

Les pénalités de retard de paiement

La loi impose des pénalités de retard de plein droit dès le lendemain du dépassement du délai de paiement convenu. Le taux légal est fixé à trois fois le taux d'intérêt légal. La convention peut prévoir un taux différent, mais il ne peut pas être inférieur au taux légal.

La convention doit également prévoir l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 euros par facture impayée, qui s'applique automatiquement en cas de retard. Ces dispositions ne sont pas négociables : elles s'appliquent même si elles ne sont pas mentionnées dans la convention. Les mentionner explicitement évite simplement les contestations.

La révision des prix : anticiper l'inflation

Sur les marchés de longue durée ou les chantiers exposés à la volatilité des matières premières, la clause de révision des prix est indispensable. Elle permet d'ajuster le montant du marché en fonction de l'évolution d'un indice de référence (BT01, TP01, indices INSEE selon la nature des travaux).

La convention doit préciser l'indice retenu, la formule de révision, la fréquence d'application et la date de référence. Sans cette clause, le sous-traitant supporte seul le risque d'augmentation des coûts, ce qui fragilise l'exécution du marché et peut conduire à des demandes de résiliation ou à des travaux mal exécutés faute de marge suffisante.

Paiement direct par le maître d'ouvrage

Dans certaines configurations, notamment sur les marchés publics, le sous-traitant de premier rang bénéficie d'un droit au paiement direct par le maître d'ouvrage. Ce mécanisme, issu de la loi du 31 décembre 1975, doit être mentionné dans la convention de paiement lorsqu'il s'applique, avec les conditions de mise en oeuvre.

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Sommaire

Questions fréquentes

La convention de paiement est-elle obligatoire ou recommandée ?

Elle n'est pas imposée par la loi en tant que document distinct, mais les règles qu'elle formalise (délais de paiement, retenue de garantie, pénalités de retard) sont pour la plupart d'ordre public. Les omettre ne les supprime pas : elles s'appliquent quand même, dans les conditions prévues par la loi. Rédiger une convention explicite évite les contestations sur leur mise en oeuvre et protège les deux parties en cas de litige.

Peut-on intégrer la convention de paiement directement dans le contrat de sous-traitance ?

Oui, et c'est souvent ce qui est fait sur les marchés simples. Les clauses de paiement figurent alors dans un article dédié du contrat. La convention de paiement comme document séparé est utile quand les modalités financières sont complexes, quand plusieurs sous-traitants partagent les mêmes conditions, ou quand le donneur d'ordres veut pouvoir modifier les conditions de paiement sans renégocier l'intégralité du contrat.

Que se passe-t-il si le donneur d'ordres dépasse le délai de paiement prévu dans la convention ?

Des pénalités de retard courent automatiquement dès le lendemain du dépassement, au taux prévu dans la convention ou, à défaut, à trois fois le taux d'intérêt légal. Une indemnité forfaitaire de 40 euros par facture s'ajoute de plein droit. Le sous-traitant peut réclamer ces sommes sans mise en demeure préalable. Un retard répété peut également constituer un motif de résiliation aux torts du donneur d'ordres.

Comment choisir l'indice de révision des prix adapté à son marché ?

Le choix de l'indice dépend de la nature des prestations. Le BT01 s'applique aux travaux de bâtiment tous corps d'état, les indices TP aux travaux publics, et les indices BT spécialisés (BT06 pour l'électricité, BT08 pour la plomberie, etc.) aux corps d'état techniques. Pour les marchés mixtes, une formule paramétrique combinant plusieurs indices est possible. L'INSEE publie ces indices mensuellement sur son site. L'indice et la date de référence doivent être fixés dans la convention avant le démarrage des travaux.

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